Les oiseaux chanteurs et leur place dans la société du XVIIIe siècle

Au XVIIIe siècle, l’oiseau est un sujet d’étude et de divertissement. Observé en liberté ou captif, on s’inspire de son chant et on exploite ses talents d’imitateur. Cette conférence, riche en iconographie, montre comment, à une époque où la musique enregistrée n’existait pas, les oiseaux chanteurs furent au coeur de la vie domestique et artistique.
Lors de cette rencontre Alice Julien-Laferrière (au violon et à la serinette) et Matthieu Bertaud (au flageolet d’oiseau, traverso, flûtes à bec et autres appeaux imitant les oiseaux) évoquent la place que tient l’oiseau dans le quotidien de la société du XVIIIe siècle, et en quoi son omniprésence dans les témoignages écrits et artistiques nous permet de l’associer étroitement à la vie sociale de cette époque, reflettant toute son ambivalence dans son rapport à la Nature.

En ce siècle qui voit croître l’apprivoisement et la domestication des animaux parallèlement à la montée en puissance du divertissement, les oiseaux deviennent source d’agrément et symbole de richesse. Une augmentation flagrante d’animaux soustraits à la nature et en contact étroit avec les hommes est àmettre en parallèle avec la société rationnelle des Lumières : sujet d’étude très prisé des naturalistes, l’oiseau est touché par la quête d’un savoir universel propre à cette époque, et subit la volonté humaine d’imposer à l’univers sa toute puissance… poètes et musiciens s’inspirent de leur chant, peintres et chapeliers de leurs vives couleurs, et leurs talents d’imitateurs sont exploités par la belle société pour réjouir l’auditoire.

« De tous les amusements champêtres, le plus agréable est l’Art de l’oiseleur ; cet art consiste dans la chasse aux oiseaux, dans la manière de les élever et de les apprivoiser. »
Les amusements innocents, ou traité des oiseaux de volière, 1774