Fritz Kreisler :
Pastiches et Originaux

Ce concert se propose de mettre en vis à vis les oeuvres du violoniste viennois Fritz Kreisler (1875-1962), auteur de nombreuses pièces de circonstance qu’il attribuait faussement a des maîtres de jadis, avec les «originaux» qui l’ont inspiré. Une rencontre inédite entre la sentimentalité romantique de F. Kreisler et la musique des XVIIe et XVIIIe siècle.

Éléonore Darmon : Violon dit « moderne »
Alice Julien-Laferrière : Violon dit « baroque »
Kazuya Gunji : Clavecin

Bien que Kreisler dise écrire « dans le style de », ses pièces sont d’un style qui lui est très personnel, et ne respectent en rien le contrepoint des compositeurs dont il utilise le nom. L’évocation de ces siècles  lointains, des chansons Louis XIII et des titres mystérieux comme La Précieuse semblent suffire à l’inspirer, bien plus que le style d’écriture à proprement parler. Il est donc étonnant que le public ait pu croire à la supercherie — car il présentera longtemps ces pièces comme de simples arrangements, n’avouant qu’en 1935 qu’elles étaient de lui, ce qui le fit passer au yeux de certains pour un imposteur. D’autres y verront un trait d’humour et continueront de défendre ces morceaux où l’on retrouve à la fois l’élégance des salons viennois et le raffinement des compositeurs des XVIIe et XVIIIe siècles.

Pastiches et originaux

Véritable joute musicale entre instrument moderne et instrument baroque (qui aurait très certainement réjoui le spirituel maître viennois),  singulier voyage dans le temps, mélange des styles, des époques et des approches, ce concert offre une occasion rare de comparer ces univers : dans ce programme extrêmement varié composé d’une partie française et d’une partie italienne, des pièces de Kreisler sont jouées sur violon baroque et des sonates XVIIIe siècle sur violon moderne dans un joyeux mélange stylistique !

Les pastiches sont introduits par des pièces qui pourraient en être les sources d’inspiration, ou bien intégrés à des sonates reconstituées pour l’occasion. Les deux violonistes se retrouvent pour une sonate à deux violons de Pugnani avant de terminer par une joute autour d’un fameux thème de Corelli ayant inspiré à Tartini de nombreuses variations avant Kreisler.

Un programme haut en couleurs !